Le rap est l’un des genres musicaux les plus populaires et appréciés de tous les temps. Inventé par des artistes noirs dans le South Bronx au cours des années 1970, il a conquis la planète entière. Les ingrédients de base du rap sont simples : une voix parlée et rythmée, ainsi qu’un beat hip-hop. Mais au fil de ses cinq décennies d’histoire, ces éléments ont été détournés d’innombrables manières, donnant naissance à une incroyable variété de sous-genres aussi étranges que fascinants.
Dans cet article, nous passons en revue les 20 styles de rap qui ont façonné le hip-hop. Certains sont bruts et rugueux, d’autres plus léchés et taillés pour faire la fête. Certains ont dominé les classements, tandis que d’autres sont restés ancrés dans des scènes locales bien précises. Tous ces sous-genres ont joué un rôle essentiel dans l’évolution du rap, repoussant les limites stylistiques et dévoilant de nouvelles sonorités passionnantes.
Accéder aux différentes sections :
- Combien de styles de rap existe-t-il ?
- Qu’est-ce qui définit le rap en tant que genre ?
- Qu’est-ce qui fait du rap un genre à part entière ?
- Quels sont les trois sous-genres majeurs du hip-hop ?
- Les 20 sous-genres de rap qui ont marqué l'histoire du hip-hop
- Explore les différents styles de rap dans tes propres productions
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Combien de styles de rap existe-t-il ?
Il est impossible d’affirmer avec précision combien de styles de rap existent, mais on pourrait en lister des dizaines, de l’Old School festif à l’Horrorcore terrifiant, en passant par le Pop rap grand public et bien d’autres. Le rap est l’un des genres musicaux les plus populaires de tous les temps, et il a pris d’innombrables formes au cours de ses 50 ans d’histoire. Dans cet article, nous allons explorer les 20 styles de rap les plus marquants.
Qu’est-ce qui définit le rap en tant que genre ?
Le rap est un genre musical créé par des musiciens noirs aux États-Unis, caractérisé par un débit vocal parlé et rythmé. Au-delà de cette définition élémentaire, une multitude de variantes ont vu le jour au fil du temps. Le rap peut être percutant ou décontracté, agressif ou mélodieux, teinté de jazz et basé sur des samples, ou encore futuriste et saturé de synthétiseurs. Découvrons ensemble toute la diversité des genres de rap à travers cet article.
Qu’est-ce qui fait du rap un genre à part entière ?
Le rap forme un genre à part entière grâce à des éléments clés immédiatement reconnaissables : un flow parlé et cadencé posé sur des beats hip-hop. Ces composantes sont si puissantes et novatrices qu’elles ont conquis le monde entier, faisant du rap l’un des genres les plus influents de l’histoire de la musique.
Quels sont les trois sous-genres majeurs du hip-hop ?
Le hip-hop se décline en une infinité de sous-genres, mais les trois principaux sont indissociables des trois grandes régions pionnières du rap américain : la côte Est, la côte Ouest et le Sud. Chacun de ces piliers se subdivise à son tour en différents styles. Par exemple, la côte Est est célèbre pour le son brut du boom bap. La côte Ouest a donné naissance au G-funk, suave et langoureux. Quant au Sud, il nous a offert des genres inimitables comme la Bounce et le Crunk.
Les 20 sous-genres de rap qui ont marqué l'histoire du hip-hop
1. Old school
À ses débuts, le rap n’était pas divisé en genres distincts. Les fondations du genre étaient encore en pleine gestation et de nouvelles idées émergeaient constamment. Plus tard, les amateurs de rap ont baptisé ces années fondatrices l’ère « old school ». Nous utilisons ce terme générique pour décrire la manière dont le genre s’est développé des années 1970 aux années 1980.
DJ Kool Herc a inventé le rap lors de block parties dans le Bronx, à New York. À l’origine, le rap était une musique de fête, où les rappeurs posaient des rimes directes sur des boucles de disques disco. L’exemple le plus emblématique reste sans doute « Rapper’s Delight » de The Sugarhill Gang (1979), construit autour d’une boucle du tube disco « Good Times » de Chic. Ce style de rap old school est parfois appelé disco-rap.
Par la suite, le rap s’est emparé de nouvelles technologies comme la boîte à rythmes pour créer un son plus percutant et futuriste. Sorti en 1982, le tube « Planet Rock » d’Afrika Bambaataa & The Soulsonic Force s’est inspiré du groupe électro européen Kraftwerk, donnant ainsi naissance au genre electro tout en propulsant le rap vers de nouveaux horizons.
Au fil de son évolution, les paroles de rap ont pris une tournure plus sombre et engagée. Également sorti en 1982, « The Message » de Grandmaster Flash & The Furious Five dépeint la misère des ghettos américains. Au cours des décennies, le rap a tout autant célébré la fête qu’abordé des réalités sociales difficiles. Comme nous allons le voir, les différents genres de rap marient divertissement et réalisme brut sous des formes variées.
2. Boom bap
Beaucoup de genres de rap trouvent leurs racines dans une région spécifique des États-Unis. Le rap ayant vu le jour à New York, il n’est pas surprenant que bon nombre des plus grands styles viennent de la côte Est. Le boom bap est sans doute le genre le plus célébré de la East Coast. Ayant atteint son apogée entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, le son boom bap est souvent associé à l’âge d’or du hip-hop.
Son nom en dit long : le boom bap se caractérise par un beat de batterie percutant composé de kicks et de snares acoustiques, généralement samplés sur de vieux vinyles de soul et de funk, puis traités pour un impact maximal. Les morceaux de boom bap se veulent souvent minimalistes, mettant en avant la batterie, les voix et de nombreux samples. Le grain brut et texturé du beat boom bap a fini par définir le son de la côte Est, contrastant avec l’esthétique plus ronde et suave de la côte Ouest, incarnée par le G-funk (dont nous parlerons plus bas).
Des groupes new-yorkais légendaires tels que Wu Tang Clan et Mobb Deep sont intimement liés au son boom bap. KRS-One a également largement contribué à populariser ce genre avec son album Return of the Boom Bap sorti en 1993.
Le boom bap reste l’un des genres les plus appréciés, et son influence résonne encore dans tout le rap contemporain. Si tu souhaites explorer le boom bap à ton tour, découvre des batteries samplées classiques avec notre instrument de la Play Series Empire Breaks, et procure-toi des packs de samples inspirés du boom bap tels que Basement Era et Borough Chops.
3. Gangsta rap
Comme l’a prouvé « The Message » de Grandmaster Flash, la critique sociale a fait partie du rap dès ses premières heures. Dès la fin des années 1980, les rappeurs ont commencé à aborder les thèmes de la criminalité et des conflits de manière encore plus explicite, endossant souvent le rôle de gangsters et de hustlers de rue.
Pionnier du gangsta rap, Ice-T est né dans le New Jersey avant de s’installer à Los Angeles pendant son adolescence. On trouvait des rappeurs gangsta aux quatre coins des États-Unis, et le genre a exploré une grande variété d’ambiances au fil des ans, du boom bap le plus brut au G-funk le plus velouté. Mais ce sous-genre reste avant tout indissociable de la côte Ouest.
Des morceaux de gangsta rap comme « Fuck Tha Police » de N.W.A. (1988) et « AmeriKKKa’s Most Wanted » d’Ice Cube (1990) ont déclenché d’immenses controverses tout en bouleversant la culture populaire américaine. Ils témoignent également de la complexité du genre : si beaucoup accusaient ces rappeurs de glorifier la criminalité, ces artistes dénonçaient aussi avec force les violences policières racistes et de profondes fractures sociales.
4. G-funk
Né du gangsta rap de la côte Ouest, le G-funk est devenu l’un des genres les plus populaires de l’histoire du hip-hop. L’ancien membre de N.W.A., Dr. Dre, a lancé le mouvement en 1992 avec son album The Chronic, prouvant que les thèmes sombres du gangsta rap pouvaient se transformer en immenses succès commerciaux. Death Row Records, le label fondé par Dre et Suge Knight, est devenu une véritable institution en accueillant des figures du G-funk comme Snoop Dogg et 2Pac.
La grande innovation du G-funk a été d’adoucir le son du rap. Tirant son nom du P-Funk (le funk psychédélique des années 1970 porté par des groupes comme Parliament et Funkadelic), le G-funk misait sur des grooves décontractés et des leads chaleureux et expressifs. Cela passait souvent par l’enregistrement de véritables musiciens plutôt que par des samples, offrant un son plus propre et plus riche. Les synthés leads sinueux de « Gin And Juice » de Snoop Dogg sont devenus emblématiques du genre.
Les thématiques du G-funk se sont également démarquées de celles du gangsta rap, privilégiant la fête et les excès plutôt que la dure réalité du banditisme. Le clip festif de « Nuthin’ But A “G” Thang » de Dre illustre parfaitement cet état d’esprit. D’une certaine manière, le G-funk a renoué avec la bonne humeur du disco-rap des origines, tout en conservant une tonalité sous-jacente plus sombre, reflet des mutations de la société américaine des années 1980 et du début des années 1990.
Tu veux insuffler des sonorités G-funk irrésistibles à tes morceaux ? Essaie l’Expansion Marble Rims : elle regorge de leads de synthés analogiques, de basses percutantes et de tout ce qu’il te faut pour recréer l’ambiance authentique de la côte Ouest.
5. Dirty south
Le rap ne se résume pas à l’affrontement entre la côte Est et la côte Ouest. Le Sud des États-Unis a également joué un rôle déterminant dans l’évolution du genre. Souvent regroupés sous l’appellation générique de Dirty South, de grands courants du rap ont émergé dans toute cette région, en particulier à Atlanta, La Nouvelle-Orléans, au Texas et en Floride.
Il a fallu un certain temps aux rappeurs du Sud pour se faire entendre face au duel omniprésent entre New York et Los Angeles. Mais dès le début des années 1990, des groupes comme The Geto Boys (de Houston) et OutKast (d’Atlanta) ont commencé à faire sensation. Ils ont retranscrit toute la richesse culturelle du Sud à travers des productions soulful et denses. Les influences du blues et du gospel y étaient manifestes, tandis que des instrumentistes en chair et en os apportaient une véritable touche de groove.
Dans d’autres régions du Sud, le rap affichait un son plus rapide et taillé pour faire la fête – comme dans le sous-genre de la Miami bass, qui utilisait des rythmes percutants de boîte à rythmes pour prolonger l’électro inventée par Afrika Bambaataa.
Le dirty south est l’un des sous-genres de rap les plus influents de tous les temps, et ses sonorités continuent d’animer le hip-hop d’aujourd’hui. Insuffle un peu de soul sudiste à tes productions avec l’Expansion Headland Flow, qui offre des basses et claviers teintés de blues ainsi que des breaks funky pour une touche d’authenticité 100 % dirty south.
6. Jazz rap
Le jazz et le rap : deux des plus grands genres musicaux afro-américains. Les associer semblait évident, et bon nombre des plus grands noms du rap l’ont fait avec brio. Le jazz rap ne se cantonne pas à une région ou une époque précise dans l’histoire du genre. Cette fusion est plutôt une tendance récurrente qui refait surface encore et encore tout au long de l’histoire du hip-hop.
A Tribe Called Quest a placé la barre très haut pour le jazz rap avec son album Low End Theory en 1991. En mêlant des samples de jazz subtils à des textes encore plus affûtés, le groupe a couronné l’âge d’or du jazz rap aux côtés d’artistes comme Digable Planets et les Jungle Brothers.
Même si l’engouement pour le jazz rap a faibli à la fin des années 1990, il n’a jamais disparu pour autant. Des beatmakers excentriques comme Madlib et MF DOOM lui ont redonné vie dans les années 2000, signant au passage l’un des plus grands chefs-d’œuvre du genre avec Madvillainy en 2004.
Détroit a été une plaque tournante majeure pour le jazz rap, avec des producteurs comme J Dilla qui ont repoussé les limites du sampling de jazz tout au long des années 1990. Le batteur Karriem Riggins est une figure incontournable de cette scène et, grâce à Karriem Riggins Drums, tu peux injecter son groove incomparable dans tes propres morceaux. Native Instruments propose également de nombreuses Expansions pour satisfaire toutes tes envies d’échantillonnage jazz rap : découvre l’Expansion Rare Vibrations pour des sons de jazz savoureux, et l’Expansion Crate Cuts pour explorer l’esthétique riche en samples de Madlib et MF DOOM.
7. Conscious rap
Le conscious rap (ou rap conscient) est un style qui aborde des thématiques politiques et sociales. Ses artistes mettent souvent l’accent sur l’émancipation des personnes noires et dénoncent les injustices raciales ainsi que les inégalités socio-économiques. Ils critiquent également la posture de « hustler » valorisée par les rappeurs gangsta.
Le conscious rap traverse toute l’histoire du hip-hop. Si Ice Cube est principalement associé au gangsta rap, il a également écrit des morceaux dénonçant les violences policières qui relèvent clairement du rap conscient – comme « Dead Homiez » en 1990.
Dans les années 1990, des artistes comme Common (originaire de Chicago) ainsi que Mos Def et Talib Kweli (de New York) ont incarné ce mouvement. Tous trois se retrouvent d’ailleurs sur « Respiration », un titre qui dépeint la dureté et les injustices de la vie new-yorkaise.
Le rap conscient se porte à merveille dans le hip-hop moderne. Chaque fois qu’un rappeur aborde les inégalités sociales ou les violences policières, il s’inscrit dans cette lignée. Kendrick Lamar, l’un des artistes les plus acclamés de notre époque, a porté le genre vers de nouveaux sommets en distillant des commentaires politiques percutants dans ses couplets.Tu aimes le hip-hop conscient de l’âge d’or incarné par Mos Def et Talib Kweli ? Découvre l’Expansion Hazy Days, qui rassemble plus d’une centaine de kits authentiques taillés pour des productions rap chaleureuses et pleines de soul.
8. New Orleans bounce
Avant que le rap sudiste ne conquière la planète, il y avait la bounce. Ce style festif est né dans les cités de la Nouvelle-Orléans. Il a posé les fondations de futurs sous-genres sudistes comme la crunk d’Atlanta (qui samplait fréquemment les chants scandés typiques de la bounce).
La bounce fait revivre l’énergie contagieuse des premières block parties de DJ Kool Herc. Ses breakbeats entraînants et ses gimmicks scandés en appel-réponse incitent à la danse plutôt qu’à l’introspection. Il suffit d’écouter ce premier tube de DJ Jubilee, autoproclamé « King of Bounce », qui mise sur des refrains répétitifs et entêtants plutôt que sur des textes complexes ou des basses assourdissantes.
La bounce rappelle que la frontière entre rap et musique de club est ténue – comme le prouvent d’autres scènes régionales telles que le Jersey club ou le Baltimore club. La bounce est également un refuge essentiel pour les femmes et les artistes queer du hip-hop. Figure queer incontournable, Big Freedia a largement contribué à populariser le genre. Sa voix a même été samplée par Beyoncé sur « Break My Soul ».
9. Horrorcore
L’horrorcore est le versant sombre du rap. Ce style explore des thèmes macabres et transgressifs pour déranger et choquer l’auditoire. Né dans le Sud, c’est le groupe de Memphis Three 6 Mafia qui en a posé les bases. Des morceaux comme « Fuck Wit Dis Click » associaient des beats mélancoliques dignes de bandes originales de films d’horreur à des textes d’une violence inouïe. Même le public aguerri au gangsta rap pouvait être dérouté par l’horrorcore.
Depuis, cette veine horrifique n’a cessé de réapparaître dans la culture hip-hop. Chaque fois qu’un rappeur éprouve le besoin de bousculer son public avec des rimes dérangeantes à souhait, on retrouve l’esprit horrorcore. Le représentant le plus célèbre du genre reste sans doute le rappeur de Détroit Eminem, qui a effrayé l’Amérique conservatrice et redéfini le rap avec son carton monumental, Slim Shady LP en 1999.
Plus récemment, Tyler, The Creator (du collectif Odd Future) a repris le flambeau de l’horrorcore, prouvant qu’il existe toujours de nouvelles façons de surprendre et déstabiliser le public.
10. Crunk
La crunk est un genre hybride survolté qui ne pouvait naître que dans le Sud des États-Unis. Il combine les refrains festifs de la bounce à l’ambiance plus sombre de l’horrorcore à la Three 6 Mafia, pour offrir une approche aussi déroutante qu’irrésistible du rap festif. Au début des années 2000, la crunk a dominé les charts, devenant l’un des styles de rap les plus rentables commercialement.
Ses rythmiques percutantes et ses synthés agressifs annonçaient déjà la trap qui allait conquérir la scène rap quelques années plus tard. Mais la véritable signature de la crunk réside dans ses voix : des hooks éraillés et braillés à pleins poumons, à la fois entraînants et belliqueux. Voix emblématique du mouvement, Lil Jon a signé quelques-uns des plus grands hymnes du genre, à l’instar de « Get Low » en 2002.
Three 6 Mafia s’est également prêté au jeu de la crunk, métamorphosant son horrorcore ténébreux en une musique plus festive et entraînante.
La crunk a conquis le grand public en 2004 avec le titre « Yeah! » d’Usher, qui s’appuyait sur les cris rocailleux de Lil Jon pour créer l’un des plus immenses cartons de la décennie.
Nous avons revisité cette percée de la crunk auprès du grand public dans notre Expansion Golden Kingdom. Elle associe l’esprit du hip-hop du Sud à des synthés EDM pour te fournir tous les samples nécessaires à la création de productions rap puissantes, parées pour les charts.
11. Hyphy
Le Sud n’a pas le monopole des sous-genres de rap festifs. Tandis que Memphis vibrait au son de la crunk, la région de la baie de San Francisco inventait le hyphy. Dérivé de l’anglais « hyperactive », ce terme d’argot a été inventé par Keak Da Sneak, pionnier du mouvement. Il résume parfaitement cette musique singulière : tempos rapides, basses vrombissantes et voix chaotiques mêlant cris, phrasés décalés et onomatopées. À l’instar de la crunk, le hyphy est à la fois ultra-festif et légèrement déconcertant.
Apparu dans les années 1990, le hyphy a connu le succès populaire au milieu des années 2000. Le morceau « Tell Me When To Go » d’E-40 a marqué l’apogée commerciale du genre. Ses voix étranges, alternant chuchotements et éclats de voix, en font l’un des hits rap les plus singuliers de son époque.
Le hyphy a ensuite influencé le style « ratchet » de DJ Mustard, contribuant à façonner le rap festif qui a dominé les charts dans les années 2010. Il suffit d’écouter le groove contagieux de « Rack City » de Tyga pour mesurer l’impact du hyphy sur la culture hip-hop au sens large.
12. Chopped and screwed
Le chopped and screwed est moins un genre de rap qu’un véritable état d’esprit. Alors que des styles festifs comme la crunk et le hyphy accéléraient la cadence pour faire danser les foules, DJ Screw, originaire de Houston, a pris le contre-pied absolu. Inspiré par les effets anesthésiants du « Purple Drank » (un mélange de sirop pour la toux et de soda), DJ Screw a ralenti le tempo du rap à l’extrême.
DJ Screw s’est fait connaître d’un large public avec son album 3 ‘n The Mornin’ en 1994, sur lequel il remixait des morceaux de Dr. Dre, Ice Cube et d’autres artistes, en abaissant leur pitch et en bouclant des passages pour créer des titres hypnotiques inédits.
DJ Screw a produit plus de 350 mixtapes dans son style si singulier avant de succomber à une overdose de codéine en 2000. Au passage, il a inspiré des générations entières de producteurs désireux d’explorer de nouveaux espaces et de nouveaux grooves dans le rap. Vers la fin des années 2000, le Cloud Rap a marié l’ambiance du Chopped and screwed à des synthés vaporeux pour apporter une touche inédite au rap. Plus récemment, la tendance « Slowed + Reverb » prolonge l’héritage de DJ Screw en ralentissant des morceaux rap et pop pour les révéler sous un nouveau jour.
13. La trap
La trap est sans doute le sous-genre du rap le plus influent de ces deux dernières décennies. Dès que tu entends des basses 808 assourdissantes, des hi-hats ultra-rapides ou des rythmes syncopés en triolets dans un morceau de rap ou de pop, c’est à la trap que tu le dois.
À l’origine, la trap est une autre création du Sud des États-Unis. Les rappeurs T.I., Jeezy et Gucci Mane en ont été les pionniers à Atlanta. Son nom renvoie à la « trap house » — une maison servant au trafic de stupéfiants — et sur le plan des paroles, la trap proposait une relecture brute du gangsta rap, racontant les réalités de la rue et du deal.
La trap n’a véritablement dominé les charts que quelques années plus tard. Le producteur Lex Luger a popularisé cette esthétique en concevant plus de 200 titres dans ce style en 2010 et 2011. Il a épuré la trap pour n’en retenir que les éléments les plus marquants et immédiatement reconnaissables. On retrouve le style de Lex Luger sur l’album Flockaveli de Waka Flocka Flame (2010), où ses beats percutants et ses samples de cuivres théâtraux complètent à merveille le flow agressif de Flocka.
Les producteurs d’EDM se sont rapidement emparés de cette recette. En misant tout sur les basses lourdes et les rythmes syncopés, des artistes comme Baauer et DJ Snake ont transformé la trap en un genre instrumental dansant taillé pour enflammer les clubs et les festivals tout au long des années 2010.
Dans les années 2020, l’influence de la trap ne faiblit absolument pas. Des pop stars allant de Cardi B à Ariana Grande s’en inspirent directement. Elle a même engendré des sous-genres records, à l’instar de la « country trap » portée par le hit « Old Town Road » de Lil Nas X.
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14. La drill de Chicago
La drill est une déclinaison plus lente et plus sombre de la trap. Apparue à Chicago au début des années 2010, elle a poussé encore plus loin les thématiques âpres et les percussions incisives de la trap, offrant un contraste saisissant avec le rap grand public plus policé.
Chief Keef est la figure de proue de la drill de Chicago. Son titre retentissant « I Don’t Like » met parfaitement en valeur les beats massifs et le flow direct du genre. En l’écoutant, on comprend sans peine pourquoi Pitchfork a désigné la drill comme le sous-genre de rap le plus marquant des années 2010.
Fort du succès de ce morceau, Chief Keef — alors âgé de 16 ans seulement — a signé un contrat de plusieurs millions de dollars avec Interscope. Beaucoup estiment que la scène drill s’est essoufflée après avoir attiré une telle attention de la part de l’industrie.
Mais elle a exercé une influence majeure sur les courants qui ont suivi — notamment la UK drill, l’une des scènes rap les plus marquantes de ces dernières années (dont nous parlerons plus bas).
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15. Le grime
Le rap est né aux États-Unis, et jusqu’ici, tous les genres que nous avons abordés venaient de là-bas. Le grime fait exception : il s’agit d’un style typiquement britannique, né dans les cités de l’East London.
Dès le début des années 2000, les artistes grime se sont inspirés des musiques électroniques britanniques — en particulier du UK Garage — pour forger une identité sonore et un style vocal uniques. Cela ne signifie pas pour autant que le grime soit un genre festif à la manière de la bounce ou du crunk. Avec ses beats anguleux, ses synthés futuristes et son débit vocal agressif, le grime peut surprendre à la première écoute. Mais il sait aussi être joueur : écoute l’énergie débordante du titre culte de Dizzee Rascal sorti en 2003, « I Luv U ».
Après une première percée auprès du grand public, le grime est rentré dans l’ombre à la fin des années 2000. Il a pourtant fait un retour spectaculaire dans les années 2010. Des singles comme « That’s Not Me » de Skepta et JME ont propulsé le genre vers un succès sans précédent.
Une nouvelle vague d’artistes grime emmenée par Stormzy a conquis la scène internationale, épaulée par le soutien de poids lourds du rap américain comme Drake. Depuis, le grime s’est en grande partie effacé au profit de la UK drill, mais il demeure un style particulièrement influent doté d’une identité sonore inimitable.
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16. La UK drill
La UK drill est le fruit de la rencontre entre le rap américain et britannique. Ce sous-genre a vu le jour lorsque des producteurs londoniens nourris au grime se sont inspirés de la drill de Chicago. Ils ont accéléré les tempos et y ont intégré des rythmiques et des flows vocaux influencés par la diversité culturelle de Londres.
La drill a explosé à la fin des années 2010. « Homerton B » d’Unknown T a été le tout premier morceau de UK drill à intégrer les charts britanniques. Il condense parfaitement les rythmes intenses, les lignes de basse glissées et les paroles sans fard caractéristiques du genre.
La UK drill n’a cessé de gagner en popularité ces dernières années. Elle a aussi pris une tournure plus pop en fusionnant avec le R&B, l’afrobeats et d’autres genres taillés pour les radios. « Doja » de Central Cee, l’un des plus gros hits rap de 2022, montre à quel point la UK drill peut être entraînante et accrocheuse. Construit autour d’un sample du tube rap d’Eve sorti en 2001, « Let Me Blow Ya Mind », il témoigne aussi du dialogue constant entre les scènes rap du Royaume-Uni et des États-Unis.
Tu peux exploiter toute la puissance de la UK drill dans tes propres prods grâce aux Expansions de Native Instruments. Essaie Lockdown Grind pour ses claviers mélancoliques, ses glissés de basse monumentaux et ses batteries traitées ultra-percutantes. Young Phantom capture quant à elle le son du genre au moment de sa consécration mondiale, avec des mélodies R&B, un swing afrobeat et des découpes vocales torturées.
17. Le pop rap
Le pop rap réunit les rythmes et le phrasé du rap avec les mélodies accrocheuses et les structures accessibles de la musique pop. C’est une alliance redoutable, à l’origine de certains des morceaux les plus inoubliables de l’histoire du hip-hop.
Les rappeurs s’inspirent de la pop depuis des décennies. Dans les années 1980, des artistes comme LL Cool J et les Beastie Boys ont insufflé une sensibilité pop au rap, en adoptant des refrains entêtants et des personnages hauts en couleur. Le morceau « I Need Love » de LL Cool J (1987) a été l’un des premiers grands succès pop rap, mêlant la poésie du rap à une instrumentale de ballade suave.
Le pop rap a trouvé sa vitesse de croisière dans les années 1990. Comparé à la crudité du boom bap ou aux chroniques sombres du gangsta rap, le pop rap des années 90 était souvent jugé léger et commercial. Pourtant, un titre comme le single « U Can’t Touch This » de MC Hammer (1990) reste incontestablement redoutable. En apportant de l’humour et des mélodies imparables au rap, le pop rap en a révélé une autre facette.
Dans les années 2000 et 2010, le pop rap est devenu plus tapageur et saturé de synthés, combinant des styles festifs comme le crunk avec le R&B moderne et l’EDM. Des artistes comme Nelly, Nicki Minaj ou Pitbull comptaient parmi les plus grandes stars de cette période. « Low » de Flo Rida reste d’ailleurs l’un des refrains les plus obsédants du genre.
Le pop rap continue d’être l’un des piliers du rap mondial. Chaque nouveau sous-genre qui émerge finit par fusionner avec la musique pop de son époque pour créer un hybride inédit. Le mumble rap en est un parfait exemple : une synthèse de trap et de R&B émouvant, portée par des voix passées à l’Autotune bien reconnaissables. Des hits de mumble rap comme « Mileage » de Playboi Carti constituent à la fois des chansons pop décalées et des morceaux de rap avant-gardistes.
18. Le rap rock
Le rap et le rock partagent de grandes affinités. Ces deux genres débordent d’énergie, de théâtralité et de spontanéité. Tous deux s’appuient sur des chanteurs charismatiques et des refrains percutants. Les artistes de rap et de rock explorent ces passerelles depuis des décennies. L’un des premiers triomphes du rap rock fut la reprise de « Walk This Way » d’Aerosmith par Run-D.M.C. en 1986, combinant riffs de guitare tranchants et batteries rap explosives.
Dans les années 1990, des musiciens rock ayant grandi au son du hip-hop ont commencé à intégrer le rap dans leurs compositions. Des groupes comme Rage Against The Machine ont mêlé des rythmiques rap et un flow scandé à des morceaux rock bardés de riffs surpuissants. Cette fusion servait magistralement leur message politique sans concession.
À partir de la fin des années 1990, une vague de groupes a poussé le concept encore plus loin. Papa Roach, Limp Bizkit ou Linkin Park ont apporté de l’angoisse adolescente et de l’arrogance au rap rock — en intégrant souvent un DJ platiniste dans leur formation pour asseoir leur légitimité hip-hop. Cet âge d’or du rap rock est parfois snobé par les puristes du rap, mais il a indiscutablement permis de faire découvrir le genre à de nouveaux publics.
Le rap rock perdure sous de nombreuses formes, aussi étranges que fascinantes. Il suffit d’écouter l’album de Lil Yachty sorti en 2023, Let’s Start Here, qui combine la voix auto-tunée du rappeur avec des instrumentations de rock psychédélique pour offrir une vision totalement inédite du genre.
19. La beat scene de Los Angeles
La plupart des sous-genres de rap de cette liste sont portés par des interprètes au micro. Après tout, ce sont bien les rappeurs et rappeuses qui font l’essence même du rap. Mais il existe aussi d’importants courants de rap instrumental qui ont marqué le genre dans son ensemble, tout en façonnant la musique bien au-delà du hip-hop. L’un d’eux a vu le jour à Los Angeles à la fin des années 2000.
La beat scene de Los Angeles s’est développée autour des soirées Low End Theory, lancées par Daddy Kev en 2006. Les producteurs qui fréquentaient ce club se sont inspirés de pionniers novateurs comme J Dilla et Madlib pour créer une nouvelle facette du rap. J Dilla, disparu en 2006, avait trouvé des manières audacieuses de sculpter les rythmiques et de triturer les samples. Son album posthume, Donuts, a exercé une influence colossale sur la musique rap.
De jeunes producteurs de la beat scene angelina comme Flying Lotus ont poussé le son initié par J Dilla encore plus loin. Petit-neveu de la figure du spiritual jazz Alice Coltrane, FlyLo a insufflé une touche psychédélique au rap, en le fusionnant avec la soul et l’electronica pour se tailler une place unique. Son label, Brainfeeder, compte aujourd’hui parmi les plus influents du rap expérimental.
La beat scene de Los Angeles a profondément marqué les courants de rap qui ont suivi. Certains de ses artistes emblématiques, à l’image de Nosaj Thing, ont ouvert la voie à un style plus posé et atmosphérique, qui a directement inspiré le courant lofi dominant aujourd’hui sur Spotify.
Native Instruments propose plusieurs Expansions pour t’aider à plonger au cœur de ce son psychédélique californien. Drift Theory met à ta disposition des synthés, des voix, des claviers et des batteries inspirés par l’ambiance des soirées Low End Theory. Backyard Jams capture l’esprit du genre au moment de son essor international, lorsqu’il a fusionné avec une dance music éclectique. Et Magnetic Coast offre des kits hybrides pour Maschine et Battery directement inspirés par l’univers sonore de Flying Lotus.
20. Le lofi
Le lofi est aujourd’hui le sous-genre de rap instrumental le plus populaire. Si le rap chanté ou rappé rencontre toujours autant de succès, la demande de productions instrumentales relaxantes a explosé au cours des dix dernières années, portée par les auditeurs surfant sur Spotify en quête de la musique de fond idéale pour chiller ou étudier.
Le lofi est né pour répondre à cette envie. Ce style se caractérise par des beats décontractés, des samples patinés par le temps, des accords jazzy et de subtiles ambiances sonores comme le clapotis de la pluie. Il fait écho aux genres historiques tels que le boom bap, le jazz rap et les textures chaleureuses de la beat scene de Los Angeles. Mais il se révèle bien plus doux, pensé pour s’intégrer naturellement en fond sonore au fil de ta journée. Des artistes lofi comme jinsang ont ainsi conquis un public immense grâce à leurs beats feutrés et soignés.
Tu peux facilement apporter cette touche lofi apaisante à tes propres productions grâce aux outils Native Instruments. L’instrument Sway te donne accès à des samples expressifs de piano, de guitare et de synthés, tous traités avec du matériel analogique et jouables via une interface intuitive. Et l’Expansion Faded Reels célèbre l’avènement du lofi avec une généreuse collection d’accords saturés, de batteries feutrées et de textures aux teintes pastel.
Intègre ces sous-genres de rap à ta musique
Dans cet article, nous avons passé en revue 20 des sous-genres de rap les plus influents. Nous avons décrypté leur identité sonore, leur contexte d’apparition et l’héritage qu’ils ont laissé. Nous t’avons aussi présenté des outils et des tutoriels pour puiser dans ces esthétiques et enrichir tes propres productions musicales.
Il ne te reste plus qu’à transformer toutes ces inspirations en musique. Découvre les packs de samples pour le rap signés Native Instruments et trouve les sonorités idéales pour tes prochains morceaux.